Deux questions ont guidé le projet. Premièrement, comment concevoir une place qui soit à la hauteur de l’hétérogénéité typologique et programmatique du quartier, et capable de rencontrer la diversité sociale qui habite la place Flagey ? Enfin, comment construire un dispositif de participation qui prenne en compte les associations et les groupes déjà préoccupés par le devenir de la place ?
Pour que le projet soit à la hauteur de la complexité de la ville, nous avons éprouvé le besoin de penser la ville de façon globale et multidimensionnelle au sein d'une équipe pluridisciplinaire. Par ailleurs, il est devenu nécessaire de penser une ville qui soit la moins prévisible possible, avec des espaces publics capables d’engendrer des surprises, de favoriser la dissémination et l’hybridation des « fonctions », voire d'enchevêtrer des pratiques, des désirs et des espaces.
Notre position s’est construite à partir des exigences suivantes:
- Opter pour l’hybridité plutôt que pour l’uniformité ou les séparations entre un usage ou un autre (piétons/automobilistes/cyclistes/transports en commun), un public ou un autre ( vieux/jeunes, moins valides/plus valides), un temps ou un autre.
- Concevoir un espace propositionnel offrant des points d’attrait, qui permettent une appropriation permanente de la place par les usages potentiels qu'on peut en faire sans les prédéterminer.
- Résister à ce que devient la ville aujourd’hui : sécuritaire, marchande, unidimensionnelle.
Notre pari réside dans le fait de tenter une expérience collective enrichie de différents regards notamment ceux d'artistes, d'habitants du quartier, d'anthropologues, de sociologues, de philosophes... ce qui brouille la pureté du geste de l’architecte, et complexifie les façons dont on pense et conçoit la ville.
“Il ne s’agit pas de science ni d’utopie mais de choix : maintenir l’idéal d’une ville homogène, lisible de l’extérieur, compliquée et fonctionnelle, ou risquer une ville qui apprend, c’est-à-dire aussi une ville brouillonne, conflictuelle, incertaine, pleine de palabres et de négociations et donc relativement opaque de l’extérieur.” (I.Stengers)
Statut : concours
Maître d'ouvrage :Région de Bruxelles
Lieu: Bruxelles, Be
Architecte : Shin Bogdan Hagiwara, Thierry Decuypere, Jorn Aram Bihain (V+)
Groupe de réflexion : Olivier Crabbé (habitant du quartier), Didier Debaise (philosophe - Max Planck Institut, Berlin), Didier Gille (sociologue), David Jamar (anthropologue - Centre de Recherche Urbaine, ULB), Anne Querrien (sociologue et urbaniste auprès du Ministère des équipements (France)), Fabrizio Terranova (artiste et habitant du quartier), Graziella Vella (anthropologue et habitante du quartier), Benedikte Zitouni (sociologue - Cosmopolis, VUB)
Groupe technique : Atelier voor Ruimtelijk Advies, Bureau Bouwtechniek, BAS











